Framboisier, Valerianne et Eric

Joyce Chatelier-Brunet

Impossible de ne pas se souvenir de Valériane dans « Salut les musclés ». La Reine des baffes au tempérament bien trempé a su se créer une place à part dans l’univers AB. Ce personnage fort qui, à la base ne devait pas devenir récurrent, a su s’imposer grâce à son actrice flamboyante : Joyce Chatelier-Brunet. 30 ans après, personne ne l’a oubliée. Nos années AB a d’ailleurs réalisé une interview de l’actrice que vous pouvez découvrir juste ici. Voici le portrait de Joyce.

Joyce : son enfance, son amour et ses débuts dans la comédie

Joyce Chatelier-Brunet, née Jocelyne Chatelier-Brunet le 1er septembre 1966 à Ermont (Seine-et-Oise), grandit en banlieue parisienne dans une famille simple. Dès son plus jeune âge, elle est exposée à la scène et à la musique : sa mère l’emmène souvent au théâtre, notamment voir des productions comme Cyrano de Bergerac à la Comédie-Française ou Notre Dame de Paris mise en scène par Robert Hossein, qui la marquent profondément. Durant son adolescence, son tempérament rebelle se révèle, mais sa passion pour la scène grandit parallèlement à son intérêt pour la télévision et les spectacles — notamment les grands shows de Maritie et Gilbert Carpentier qui l’inspirent à faire de la comédie son métier. Après son baccalauréat, Joyce intègre à 18 ans les Cours Florent, une prestigieuse école de théâtre à Paris, où elle perfectionne son jeu et décide de se consacrer pleinement à la comédie. Très vite, elle décroche ses premiers rôles modestes : une publicité interne pour Air France, puis du théâtre professionnel avec la pièce Les laves de l’Etna de Christophe Ferré, ainsi que quelques figurations à la télévision.  Côté vie privée, elle épouse très tôt (au début de la vingtaine), Eric qui est videur à l’époque, qu’elle rencontre alors qu’elle tient le vestiaire dans cette même boite de nuit : « Une nuit, après la fermeture, raconte-t-elle, nous nous sommes assis tous les deux dans la salle et nous avons commencé a parler de nous, ce qui ne nous était jamais arrivé. Plus Eric me parlait de lui, plus j’étais sous le charme. Il m’a appris qu’il était professeur de penchak-silat, un art martial d’Indonésie…» Elle poursuit : « À un moment, raconte Joyce, la mèche de la bougie qui éclairait notre table a littéralement jailli, comme dans un feu d’artifice, et elle est allée s’écraser sur une table voisine. Toutes les portes étaient fermées et, pourtant, un mystérieux courant d’air nous enveloppait comme une caresse. Enfin, il y a eu le moment très troublant où, comme par enchantement, l’une des portes de la boîte de nuit, condamnée depuis des mois, s’est ouverte. Un « fantôme » était là pour bénir notre amour | » Sx mois plus tard, Eric et Joyce passaient leur voyage de noces en Indonésie |

Joyce Chatelier Brunet Valeriane et son mari

Valériane de la Motte-Piquet, un personnage culte !

En 1989, Joyce a 21 ans et entend parler d’un casting chez AB Productions pour la série, Salut les Musclés. Pour rappel, c’est la première sitcom du genre et Joyce ne sait pas trop ce qui l’attend. Elle se rend au casting et espère décrocher un petit rôle. En tant qu’apprentie comédienne, c’est une véritable aubaine. Au casting, elle ne s’attend pas à être prise, d’autant plus que la salle est remplie de candidates très attirantes. Mais contre toute attente, elle décroche le rôle de Valériane de la Motte-Piquet, Vicomtesse du Pré aux Moules, une bourgeoise hystérique et jalouse, dont la principale caractéristique est de distribuer des gifles à son petit ami, Minet ! Et il va en prendre le pauvre Minet. Dès son apparition, à l’épisode 11, « Providence » – donc quasiment au début de la série- le personnage de Valériane fait fureur. Les enfants, les adultes : tout le monde adore et attend avec impatience les gifles et autres bon mots bien sentis pour son Bernard : « Silence espèce de crapaud puant » « Silence espèce d’immonde cloporte », « Bernard, comment osez-vous me traiter de la sorte ? » et autres « Bernard, comment osez-vous me narguer ainsi ? ». Il faut dire que le Bernard est un peu chaud du slip et que « Valie chérie » a toujours le don d’arriver chez les musclés au bon moment, prenant souvent Bernard la main dans le sac ou plutôt, la bouche sur celle d’une autre demoiselle qu’elle. Mais Valériane finit toujours par lui pardonner… Joyce se rappelle d’un tournage mémorable où elle devait glisser sur un œuf posé au sol : lors de la prise, elle fait un vol plané spectaculaire, ce qui est finalement gardé au montage tant le résultat est drôle. Autre moment bref mais intense : elle porte un masque de sorcière en latex pendant plus de 10 heures, tellement inconfortable qu’elle ne peut même pas ouvrir la bouche pour manger ! Une bonne ambiance et de bons cachets : « J’ai 21 ans et je gagne d’un seul coup super bien ma vie. On était payés par cachet. Un cachet par épisode. Et je vivais super bien. C’était l’aubaine. Les premiers bons salaires » me dira-t-elle dans l’interview que j’ai réalisée. En parallèle de la sitcom, Joyce continue le théâtre, monte quelques pièces et animera également quelques cours. Salut les Musclés se diffuse de 1989 à 1994 sur TF1 dans le cadre du Club Dorothée, totalisant 264 épisodes.

Valeriane baffe gifles Minet
Valeriane dans Salut les musclés - Joyce Chatelier Brunet

L’ère de la troisième Foll’amour pour Valériane !

En 1994, la série « Salut les musclés » s’arrête pour laisser la place à « La croisière Foll’amour » : « Je me souviens qu’en fin de saison, ils nous ont dit « on va refaire une nouvelle saison, mais un peu différente »… On attendait impatiemment de voir ces nouveaux décors qui étaient à tomber par terre ! A l’époque quand on est rentrés, on a tous dit que c’était sublime ». Dans cette série, les même personnages, avec Estrella en plus (campée par Isabelle Bouysse), se retrouvent équipages d’un bateau de croisière. Valériane est évidemment de la partie mais son rôle évolue quelque peu… Las de se faire tromper non stop par son Bernard, dans cette suite de « Salut les musclés », elle fricotera pas mal dans la salle des machines avec un dénommé Tonio (campé par Luigi Cambiganu). Par chance, Tonio est muet… Il ne pourra raconter cette idylle à personne. Mais bon, Valériane se fait quand même souvent repéré avec le bellâtre à ses bras. La série s’arrête en 1997, en même temps que le Club Dorothée, à l’instar de nombreuses séries AB.

Valériane dans Salut les musclés

Quand Joyce créé sa compagnie, Eos.

En 1998, voyant que les rôles au cinéma ou à la télévision se font bien rares, Joyce décide de prendre le taureau par les cornes et de créer sa propre compagnie, notamment pour continuer d’exercer son métier mais aussi pour toucher son intermittence : « Il fallait faire nos 507 heures minimum par an, comme tout bon intermittent du spectacle, et ça ne suffisait pas. Alors au boulot… ». Elle poursuit : « J’avais surtout envie de retourner sur les planches. Tu as des rôles différents et tu n’es pas cataloguée dans un même registre. C’est intéressant pour les comédiens de faire des choses différentes afin de progresser. Au sortir, d’AB c’est vrai que j’ai pu entendre des agents artistiques me dire, à plusieurs reprises : « AB, ça ne constitue pas une expérience ». C’est lamentable mais c’était comme ça. Pour moi, c’était une très bonne école. » Elle se tourne alors vers le théâtre, son premier amour, et fonde en 1998 sa propre structure : la compagnie En compagnie d’Eos. Elle donne des cours de théâtre depuis une quinzaine d’années, crée des spectacles pour jeune public et participe à de nombreuses tournées à travers la France. Joyce écrit, met en scène et conçoit aussi bien les décors que les costumes pour ses spectacles ; parmi ses créations les plus durables figure Les trois petits cochons, longtemps à l’affiche au Théâtre de l’Essaïon à Paris. Elle s’implique également dans la production, la diffusion et l’animation d’événements culturels pour enfants et familles, ce qui constitue désormais l’essentiel de son activité artistique.

Joyce Chatelier Brunet aujourd'hui

Des souvenirs et des mots qui touchent

Si Joyce s’est principalement consacrée au théâtre jeune public, elle fait quelques apparitions nostalgie dans Les Mystères de l’amour (en 2014) aux côtés de certains anciens de Salut les Musclés, retrouvant notamment Bernard Minet à l’écran — et pour de nouvelles baffes à la clé, comme à l’époque ! A cette époque, Joyce imagine une sorte de vaudeville dans lequel elle imaginait ses retrouvailles avec Bernard Minet, mes les choses n’allant pas assez vite pour ce dernier, le projet a avorté. Aujourd’hui, Joyce garde de tendres souvenirs de cette époque et des comédiens. Elle se souvient surtout de leur humour permanent, des blagues sur les plateaux, et de la générosité d’Éric ou de la finesse d’esprit de Framboisier. Malgré une absence quasi totale de l’actrice sur les écrans de télé ou de cinéma, la côté de popularité de Joyce n’a pas flanché. Il n’y a pas un jour sans qu’on la reconnaisse lorsqu’elle sort dans la rue. On n’oublie pas des pôles aussi fort, même si ce n’était « qu’une sitcom AB ». La reconnaissance du public et l’amour qu’il vous porte, est bien le plus beau de tous les cadeaux qu’un acteur puisse imaginer !

Bernard Minet et Valeriane Joyce Chatelier Brunet

Nom : Chatelier-Brunet

Prénom : Joyce

Date de naissance : 1er septembre 1966

Série : « Salut les musclés » et « La croisière Foll’amour »

Regardez Joyce dans "Salut les musclés" sur la chaine Youtube, Génération Sitcom :

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