Véritable icône de la chanson des 70’s à l’instar de Sheila, Karen Cheryl a choisi un matin de tout arrêter. Après avoir tourné la page musicale de sa carrière, elle se dirige vers la télévision en animant le cultisme Hugo Délire sur France 3 dès 1992 et pour deux saisons. On la retrouve en 1994 dans « Les filles d’à côté » puis en 1995 et 1996 dans « Les nouvelles filles d’à coté » pour AB Productions. Karen est aujourd’hui redevenue Isabelle Morizet depuis 2001, époque à laquelle elle devient journaliste pour Europe 1, radio sur laquelle elle officie toujours aujourd’hui. Retour sur un parcours hors du commun.
Isabelle Morizet, loin de Paris et de Karen Cheryl
Karen nait Isabelle en 1955. Elle passe toute son enfance à la campagne. Les 9 premières années de sa vie, c’est dans le Vexin Normand qu’elle les passe dans un petit village de 60 habitants, Hodent. Elle grandit dans un Monastère remplit de souterrains débouchant sur les forêts avoisinantes. Petite, elle adore se balader avec le Père Gasse, le jardinier qui la promène dans une brouette. Cette enfance bucolique, elle la passe à pêcher la truite saumonée, loin de Paris, loin du monde : « j’ai adoré cette enfance qui ressemblait au film Le Grand Chemin » déclare-t-elle dans une interview donnée à Jacques Pessis pour Sud Radio. Mais son enfance est aussi liée à la musique, et assez tôt. Le frère de sa maman s’appelle Jean-Louis Viale est s’avère être dans la musique, un grand batteur de jazz. Il la repère et lui suggère de s’inscrire au conservatoire. Ce sera d’abord Saint-Germain en Laye (proche de chez elle), puis Paris. Elle remporte le premier prix ex eaquo. Mais l’ado timide qu’est Isabelle ne prévoit pas de faire de la batterie son métier. Elle pense à devenir médecin. Toujours sur les bancs de l’école, les choses ne vont finalement pas se passer comme prévu, comme elle le raconte toujours au micro de Jacques Pessis : « Un jour dans ma chambre, j’enregistre très discrètement une petite maquette. Mes parents ne connaissaient pas le son de ma voix chantée. Et maman, par hasard alors que j’étais au lycée, appuie sur le magnéto cassette et entend sa fille a cappella interpréter une chanson de Burt Bacharach, elle trouve ça amusant, intrigant. Elle fait écouter ça à son frère. La cassette va se promener et arriver un jour le bureau d’un éditeur de musique, à Paris. Ce jour là était présent dans son bureau le bras droit de Claude Carrere, le producteur de Sheila. Et tout a démarré ainsi pendant que j’étais sur les bancs du lycée. »
D’Isabelle à Carène
Nous sommes en 1974. Isabelle est alors convoquée pour passer sa première audition chez Claude Carrère, qui recherche une nouvelle voix pour la variété française. Les choses se passent plutôt bien mais le prénom pose problème. Son producteur est alors avec Tony Scotti -le mari de Sylvie Vartan- et tous deux sélectionnent quelques prénoms : Shanon, Cherry ou Carène. C’est dans un restaurant qu’Isabelle optera pour Carène… Et changera de nom pour que ça sonne mieux avec une carrière artistique. Elle accepte et le premier 45 Tours de Carène sort en 1975. Il s’intitule « Garde-moi avec toi ». La jeune femme timide rencontre un premier succès suite à son passage chez Michel Drucker et enchaine avec deux autres 45 Tours, « Aimée ou amoureuse » et « Samedi, dimanche et fêtes ». Là encore le succès est au rendez-vous et des versions allemandes, espagnoles et anglaises seront commercialisés dans les pays respectifs). Le succès est toujours là avec sa reprise de « Mamma Mia » d’Abba, mais les ventes commencent à fléchir en 1976… Il faut dire que l’orientation yéyé de l’artiste n’est déjà plus vraiment au top de sa forme dans les charts. Action / réaction. En 1978, Caren effectue un stage de danse à New York et change de look, adoptant alors une queue de cheval, enregistrant des chansons en anglais et modifiant l’orthographe de son nom.
Carène devient Karen, pour le meilleur, le disco et la télé.
Karen revient donc en France en 1978 et enchaine alors tube sur tube. D’abord avec « Sing to me mama » puis avec « Show me your man enough ». Tous deux vendus à environ 400 000 exemplaires. En 1980, Maritie et Gilbert Carpentier règnent en maitres sur les émissions de variétés depuis une bonne décennie. Ils proposent de consacrer une émission spéciale sur Karen Cheryl, mais à une seule condition : qu’elle chante en français ! En panique, le parolier Claude Lemesle écrit la version française de « Show me your man enough » qui deviendra « La marche des machos » et « Sing to me mama » deviendra « Chante pour nous mama ». L’émission est un succès, les auditeurs appellent le standard pour savoir comment se procurer ces versions françaises. Elles seront commercialisées et se vendront presque aussi bien que les versions originales sorties quelques mois plus tôt. Poussée par ces succès, son producteur sent le bon filon et demande à Didier Barbelivien de donner une version française à son titre « I hope it’s me » qui deviendra « Si… » et se vendra à plus de 700 000 exemplaire. Un vrai plébiscite. Karen est au sommet de sa popularité et tout lui réussit. Les années 81 et 82 sont aussi riches avec les adaptation de deux titres de Ricchi & Poveri : « Sara Perche ti amo » et « Made in Italy » qui deviendront « Les nouveaux romantiques » et « Oh ! Chéri chéri » et s’écouleront chacun à 500 000 exemplaires. En parallèle de ce succès, Karen squatte aussi le petit écran. On la verra aux côtés de Dorothée dans « Dorothée : le show » mais aussi en tant qu’animatrice de ses propres émissions à l’instar de Destination Noël (1984), Vitamine (1985-1986) ou encore « La lucarne d’Amilcar » (1987-1989). Karen est partout. Mais côté chanson, entre 1985 et 1991, le vent semble tourner un peu. Des titres plutôt efficaces et matraqués en TV comme « A l’envers, à l’endroit », ne décollent pas. Les échecs deviennent successifs et Karen va prendre une décision radicale.
La chanson pour Karen, c’est terminé !
Alors âgée de 33 ans, Karen décide de tout arrêter en 1988 et un événement en particulier va lui faire prendre cette décision. En 1988, son dernier disque qu’elle compose et écrit est distribué à toutes les radios pour une hypothétique diffusion. La pochette est blanche, sans aucune mention de son nom. Les radios adorent le titre et veulent savoir qui se cache derrière cette pochette, derrière cette voix, derrière ce titre… Au moment de la révélation, c’est la douche froide et les retours sont assassins : « Ce titre moderne de Karen Cheryl, on n’en veut pas. Qu’elle fasse ce qu’elle sait faire ». Le titre ne sera jamais diffusé. Déçue et meurtrie, elle sait que sa carrière est derrière elle et que, quoiqu’elle puisse proposer, le personnage de Karen Cheryl sera toujours là. « Une nuit je n’ai pas dormi, j’ai fait le point, j’ai appelé ma petite soeur qui vit aux Etats-Unis, et elle m’a dit ‘mais non prends des vacances, ça ira mieux dans un mois » s’est remémorée Isabelle Morizet sur le plateau de l’émission Je t’aime etc sur France 2, en évoquant cette soirée où elle a décidé de prendre un nouveau départ. « J’ai mis tous les disques dans une grande valise, qu’il ne reste aucun souvenir. C’était pour m’aider à faire le grand plongeon sans filet. Je ne reniais rien mais c’était pour m’aider à prendre une décision aussi difficile » explique l’artiste. Une fois sa décision prise, elle ne recule pas. « J’ai tout mis aux encombrants. Si vous venez chez moi, on peut cambrioler la maison, vous ne savez pas chez qui on est. Il ne reste pas un souvenir de cette époque. Tout est dans mon coeur et dans ma tête ». Maintenant, Karen se sent libéré et est prête à tout (re)construire. Elle enregistrera tout de même deux-trois titres jusque 1990… Et puis, rideau.
Karen Cheryl : Théâtre et télévision…
En 1992, Karen monte sur les planches pour la première fois de sa vie dans la pièce de théâtre « Chacun pour moi », de Daniel Colas. La même année, elle revient à la télévision avec une émission qui va marquer les esprits des enfants de l’époque : Hugo Délire. Une émission de jeu vidéo dans laquelle on jouait avec le personnage d’Hugo. En avion, en train, dans l’eau… Hugo nous a fait passer d’excellents moments, aux côtés de Karen, durant deux ans. Elle dira au micro de Jacques Pessis : « Le concept n’avait jamais été présenté en télé. Ce sont deux jeunes danois Geek, qui ont mis un concept révolutionnaire qui permettait de connecter grâce au téléphone à touches que chaque téléspectateur avait chez lui. Le téléspectateur choisi par le standard devenait le réalisateur de l’émission. Il pouvait faire sauter, ramper Hugo en appuyant sur le clavier du téléphone. Ce concept a d’ailleurs servi ensuite à plein d’émissions politiques pour voter en direct. Tout ça part de cette technologie là. Ils cherchaient une animatrice qui n’a pas peur du direct. Le hasard a été heureux pour moi car, j’étais l’invitée d’une émission d’été sur France 3. Il y a eu une petite panne sur cette émission. C’était en direct. Et voilà que l’invitée que je suis attrape le micro et je me mets à faire la co présentation avec l’animateur. Je mets tellement d’énergie qu’à la fin, le mec de la régie me dit « y a la directrice de la chaine qui veut absolument vous parler » Et là, Sabine Mignot, directrice des programme de France 3 me demande de sauter dans la premier avion pour Paris. Je demande pourquoi, elle ne me le dit pas et me demande de prendre le premier avion. J’arrive à Paris, elle m’explique le concept et elle me demande comment je présenterai. Elle prend un technicien pour faire le téléspectateur et elle me dit allez, vous feriez ça comment ? On est entre nous. Et je ne savais pas que les caméras tournaient. Nous sommes un vendredi et elle part avec la bande sous les bras, elle va voir Hervé Bourges et lui montre. Il lui rétorque, très bien, on la met à l’antenne lundi, en direct, juste pendant le JT. Bourges l’annonce ça « lundi, vous serez en prime à la télé, 6 soir sur 7 ». ça a démarré » comme ça et ça a été un succès fou. L’émission, avec le pilote que j’ai fait, a été vendue dans 70 pays ! L’émission s’est arrêtée au bout de 2 ans par Jean-Pierre Ellkabach qui ne voulait pas d’émission qui ne soit pas politique ou informative, à cette heure-là. Il a arrêté le programme alors que l’audience était énorme ».
Karen Cheryl, l’ère AB avec « Les filles d’à côté ».
Très proche des émissions de Dorothée, avec sa participation aux shows 83 et 87 de l’animatrice, Jean-Luc Azoulay l’appelle pour intégrer le casting d’une série déjà culte, « Les filles d’à côté ». Karen accepte et débarque sur les douze derniers épisodes de la sitcom, en 1994 et sera l’une des têtes d’affiche de la suite « Les nouvelles filles d’à côté ». Elle y campe le personnage de Karen Garnier, la jeune soeur de Claire (Christiane Jean). Elle dira au sujet de son rôle dans le Dorothée magazine de janvier 1995 : « Au départ, j’ai la réputation d’être une fille un peu naïve. Mais je réserve quelques surprises à ma grande soeur… Quand on m’a proposé ce rôle j’étais enchantée. Depuis, je me sens chez moi, en famille. L’ambiance est très gaie. Ma toute première scène a eu lieu avec Gérard (Vivès). J’ai cru mourir de rire tant il est drôle ». Il est à noter que le personnage de Karen tombera elle aussi folle amoureuse du beau Daniel… Une de plus ! Karen arrive dans la série juste après les histoires de guerre entre Cécile Auclert et Hélène Le Moignic. Elle dira à ce sujet dans Télé7 Jours à l’époque : « Mes premières impressions sont très agréables, contrairement aux ragots. Les longues journées de travail ne me dérangent pas. … Ce type de sitcom c’est léger, joyeux et propice aux clins d’oeil ». Elle poursuit au sujet de son expérience AB : « dans les Filles d’à côté, on joue des séquences de 4 minutes et il faut donner le meilleur de soi à chaque fois, puisqu’on ne sait pas quelle prise sera choisie; en fonction des impératifs techniques. Le sitcom m’a appris l’efficacité et la rapidité. C’est un travail passionnant, une école extraordinaire, et l’enjeu est important puisqu’il s’agit de millions de téléspectateurs. C’est comme une bonne chanson populaire, il faut esprit et finesse pour la réaliser. C’est un vrai travail, on le comprend quand on voit combien toute l’équipe travaille, la partie cachée de l’iceberg ! Non. vraiment, il n’y a pas de genre mineur.. » D’ailleurs, après son expérience AB, elle enchaine avec un épisode de la série « Jamais deux sans toi…t », puis jouera le rôle principal dans une autre sitcom pour la période 1998-1999 avec « Ma voyante préférée ». ça… C’était ce qu’elle disait à l’époque, mais au micro d’Eric Dussart sur RTL en 2025, le son de cloche est légèrement différent : « Si j’ai tourné dans ces sitcoms, c’était pour remplir le frigo. Pendant ce temps là… Vous savez, j’avais une vie parallèle avec mon petit cartable rouge que j’ai toujours, j’allais voir toutes les boites de prod pour vendredi des projets. D’ailleurs à cette époque, j’avais vendu 2 projets et on m’a dit ok mais ill ne faut pas que votre nom apparaisse au générique. Je faisais ça parce qu’il fallait bien vivre. Je voulais croire que l’avenir pouvait encore être porteur et qu’il y avait encore des choses à prouver. »
Le retour d’Isabelle ou la Renaissance en radio !
En 1999, Karen débarque sur Europe 1 et anime l’émission SLC durant deux ans. En 2001, Karen abandonne son nom de scène et redevient Isabelle. Toujours sur Europe, elle prend les commandes de l’émission « Interview People » le week-end. En parallèle, Isabelle a d’autres émission sur la même radio puisque de 2002 à 2008, elle sera à la tête de « Confessions orbitales » où elle officie le dimanche. dans ces deux émission, Isabelle interviewe des personnalités de tous bords, politiques, people, artistes, scientifiques, etc. Isabelle est remerciée en 2008 mais reviendra à l’antenne quelques années plus tard, en 2012. Rappelée par la nouvelle direction de la radio, elle anime alors une nouvelle émission « Il n’y a pas qu’une vie », diffusée chaque dimanche et basée, elle aussi, sur des interviews de personnalités et leurs parcours multiples. Ce retour montre que sa relation avec la station était toujours positive et professionnelle, et que sa disparition de l’antenne en 2008 ne signifiait pas un départ conflictuel ou définitif. Ce n’est qu’à la rentrée 2025 qu’Isabelle n’apparaît plus dans les grilles des programmes. Selon plusieurs médias, le principal motif de son départ est un désaccord financier avec la hiérarchie d’Europe 1 : la direction aurait cherché à diviser son salaire par deux, ce qu’elle aurait refusé, ce qui aurait conduit à une rupture franche de son contrat. Au total, Isabelle aura travaillé 27 ans pour la radio Europe 1. « C’était très luxueux d’être libre et de pouvoir faire des interviews d’1 heure. Comme je ne suis pas journaliste de formation, mon carburant premier c’était la curiosité. J’essayais d’ouvrir les portes que l’on entrebâillait à peine, d’ordinaire. Et c’est vrai qu’il y a eu de très jolies surprises. » dira-t-elle dans l’émission Culture Médias d’Europe 1, justement.
Le come back de Karen Cheryl
Si elle avoue aujourd’hui ne pas toucher de retraite et vivre de ses économie, Isabelle va de nouveau surprendre et venir, une nouvelle fois, là où on ne l’attend pas ! Alors qu’elle n’a rien demandé ni voulu, Warner Music contacte Isabelle dans l’idée de sortir un best of remasterisé de ses titres en français. Warner Music détenant les droits des chansons souhaitait célébrer les 50 ans de carrière de l’ancienne idole. Isabelle ne s’y oppose pas et replonge alors dans sa première vie : sa vie de chanteuse, sa vie de Karen Cheryl. C’est alors que sort en mars 2025, le best of intitulé « Etonnamment romantique ». Selon Isabelle Morizet elle-même (interview relayée dans Télé 7 Jours), le Best Of a « cartonné et atteint la 4ᵉ place des meilleures ventes » lors de sa sortie dans certains classements — même devant des artistes internationaux populaires comme Lady Gaga, signe de l’enthousiasme réel du public pour ses chansons classiques. Elle confiera à ce sujet : « Ce n’est pas mon initiative, et c’est précisément ce qui rend cela encore plus précieux. » Dans les médias, elle a déclaré qu’elle n’avait pas anticipé l’ampleur du succès du Best Of : « C’est un délire ! Je pensais sincèrement que ça resterait confidentiel, que le temps m’avait effacée des mémoires », confie-t-elle en interview. Suite à ce succès, Karen est invitée partout et elle parle de cette période avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir et une chose est sûre, à l’entendre, elle n’a rien oublié de toute cette vie. « Je suis rattrapée par ma première vie », c’est en ces termes qu’elle qualifie ce comme back inattendu en 2025 dans l’émission Culture Médias d’Europe 1. « Avec ce best of je redécouvre les chansons. Pour être crédible dans l’exercice de l’interview, il fallait que je m’écarte. Pas que j’oublie, jamais. Pas que je renie, hors de question. Mais j’ai recouvert tout d’une espèce de jolie brume pour continuer d’avancer. Et là, soudain, c’est savoureux. Je redécouvre mille choses, parce qu’en plus, on m’écrit beaucoup sur les sites qui sont sortis autour du nom de Karen Cheryl. Il y a de l’affect, de la tendresse. Ce best of réveille des choses ». Et une suite avec les titres en anglais est également sortie. Les fans sont ravis mais ne désirent qu’une seule chose qui d’après la principale intéressée n’arrivera jamais : son retour sur scène. A suivre…
Nom : Morizet
Prénom : Isabelle
Nom d’artiste : Karen Cheryl
Date de naissance : 19 juillet 1955
Séries : « Les filles d’à côté », « Les nouvelles filles d’à côté »
Singles : Aimée ou amoureuse (1975), Ne raccroche pas, je t’aime (1976), Sing to me mama (1978), Liars beware (1979), Karen Cheryl (Mon rêve en vidéo) (1980), Mes années de lycée (1982), Pense à moi, quand même (1983), En fête, chante pour ses copains les enfants (1983), Karen Cheryl chante Noël (1984), Étonnamment romantique – Best Of (2025), Show Me You’re Fan Enough ! – Best Of (2026)
