Jacky

Jacky

Figure emblématique de « Nos années AB », Jacky est certainement le comparse le plus fidèle et le moins avare en anecdotes depuis la fin du « Club Dorothée ». Avec Dorothée, ils ont passé près de 20 ans ensemble, tous les jours, presque 24 heures sur 24. Une véritable complicité et amitié à la ville, comme à la scène. Le trublion de Club Do n’a jamais cessé de travailler, de suivre l’ère du temps et d’être toujours à la page. Et notre Jacky national était bien loin d’être sur le devant de la scène au début de sa carrière… Retour sur un parcours exceptionnel, inspirant et incessant !

Dans les jupons de sa mère et de Gotainer !

Le petit Jacques Jakubowicz pousse son premier cri le 30 avril 1948 à 23h30 dans le 19 arrondissement de Paris. Pour la petite anecdote, son père était tellement ému qu’il déclarera la naissance de son fils à la mairie, à la date du 1ᵉʳ mai. Issue d’une famille juive ashkénaze, il passe une enfance surprotégée dans les jupons de sa mère. Son père est tailleur et ouvre un peu plus tard une boutique de fringues. À 11 ans, Jacky est envoyé dans une colonie de vacances à Verberie dans l’Oise, où il fait la connaissance d’un certain Richard Gotainer. Avec lui, ça matche tout de suite et les deux préados deviennent vite inséparables : « On faisait des conneries tout le temps. On se prenait pour Poiret et Serrault à écrire des sketches. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’avais la fibre artistique. On s’amusait même à manger des faucheuses (des araignées) vivantes » s’amuse-t-il à révéler chez Ardisson dans l’émission « Tout le monde en a parlé ». Avec Richard, ils ne se quittent plus et à l’âge de 18 ans, ils décident tous les deux de passer des auditions en auditeurs libres, dans des cabarets. Ils sont même passés en première partie de Thierry Le Luron, même si « personne ne nous écoutait » déclare le principal intéressé. C’est à ce moment que leur route artistique (mais pas amicale) se sépare. Inscrit au lycée Voltaire, Jacky découvre à cette époque ce qui va révolutionner sa vie : le rock’n’roll. À 15 ans, c’est à Londres qu’il découvre les Beatles, les Stones ou encore les Who. Il les voit tous jouer en live au club Le Marquis. De retour de Londres, Jacky se laisse pousser les cheveux et adopte un look résolument grunge, ce qui n’est pas vraiment du goût de son papa, vous imaginez bien ! Bac philo en poche, il obtient dans la foulée son diplôme de journalisme. Avant de rentrer dans la vie active, Jacky se voit contraint de faire son service militaire, duquel il parvient à se faire réformer au bout de trois mois. De retour à Paris il rencontre par hasard l’ex-femme de Serge Lama (Daisy) chez le coiffeur, qui était alors attachée de presse chez Philips. Daisy trouve Jacky très drôle et adore son côté loufoque. Si bien qu’elle lui demande de venir passer un entretien avec le directeur de la promo, Louis Nucera : « J’arrive dans son bureau, je reste 10 minutes debout puisqu’il ne me dit pas de m’asseoir. D’un seul coup, il se lève et me dit que je peux m’asseoir. Il m’a posé deux questions, si je parlais anglais – j’ai dit oui – et si je connaissais des gens dans le show-business – j’ai dit non – ». Il m’appelle chez moi le lendemain et me dit « tu commences quand tu veux ! »

Jacky, Cabu et Dorothée

Jacky, de l’ombre à la lumière

Ni une ni deux, le voilà donc promu attaché de presse. Dès les premières années, il s’occupe des plus grands noms du rock’n’roll : Roxy Music, Genesis, Cat Stevens, Bob Marley, Jerry Lee Lewis, Alain Bashung, Bijou, Elton John ou encore Serge Gainsbourg. Philips se sépare de Jacky dès qu’il fait de la télé mais Serge Gainsbourg le garde comme attaché de presse. Les deux hommes auront une relation très intime, « je crois que Serge m’aimait bien. J’étais content qu’il me choisisse parce qu’il m’a appris plein de choses ». Il s’occupe des albums de Serge jusqu’à « Aux armes etc. ». À l’âge de 30 ans, en 1978, il est appelé par Antoine de Caunes pour venir faire le pitre à ses côtés dans l’émission « Chorus » : « J’étais le premier présentateur muet de la télévision française. C’était les débuts d’Antoine et je pense que ça le rassurait de m’avoir à ses côtés. Je lui mettais les doigts dans le nez, dans l’oreille. Mais je n’ai jamais voulu être animateur, ce sont les rencontres avec les gens qui ont fait que je suis devenu ça ». L’émission « Chorus » prend fin en 1981 et Jacqueline Joubert, la maman d’Antoine de Caunes, directrice de l’unité jeunesse d’Antenne 2, lui propose de remplacer Dorothée dans l’émission « Récré A2 » pour deux émissions. Et cette histoire va durer 10 ans… Entre Jacky et Dorothée c’est un vrai coup de cœur et les deux artistes deviennent vite inséparables. On les voit tout le temps ensemble, à la télé et dans la presse. « Récré A2 » bat des records d’audience et Jacky se plaît à déambuler aux côtés de l’artiste vedette de la chaîne, en chantant et en jouant le mec maladroit et pas très futé. En parallèle, Jacky animera la chronique « Houba Houba » dans « Les Enfants du rock » dès 1982. Dans la foulée, il présentera la première émission de clips tournés en live – ce n’étaient pas les clips officiels –, « Platine 45 ». Jacky est donc à la tête de trois émissions en même temps durant plusieurs années, de 1982 à 1985, à cela s’ajoutait également une chronique sur Europe 1 et les tournées de Dorothée. Un vrai tourbillon et une vie à mille à l’heure. Aujourd’hui, il avoue avoir un petit coup de cœur pour Platine 45 : « J’ai reçu tout le monde. Les acteurs, les chanteurs, les humoristes… J’ai adoré cette période ».

Jacky dans Platine45

La notoriété

Jacky est alors au sommet de sa notoriété et accumule des émissions qui ciblent un public diamétralement opposé. Et il adore ça ! Mais en tant que bon touche-à-tout et curieux de nature, Jacky ne va pas s’arrêter là. En 1984, Jacky rencontre la chanteuse Lio dans son émission Platine 45. Les deux artistes s’entendent à merveille et décident de sortir un 45 tours. C’est une première pour Jacky, qui ne se connaissait pas encore chanteur (même s’il avait posé sa voix sur les disques « Le Jardin des chansons » dès 1981 dans l’émission Récré A2). Pour une première, c’est un succès. Succès qui donnera des idées à Jean-Luc Azoulay en lui faisant enregistrer les années qui suivront plusieurs chansons : « Le parleur des haut-parleurs », « Mon avion et moi », « Tout augmente sauf l’amour » (ma préférée, juste pour le « T’es même plus très en retard, t’es quatorze en retard »). D’autres suivront lors de sa période TF1. Car si tout sourit à l’animateur, ce dernier décide de quitter Antenne 2 et Dorothée en 1986, pour présenter l’émission « Vitamine » et tenter de booster les audiences qui ne décollent pas face à Dorothée et son équipe. Il devient donc, le temps d’une saison, le rival de Dorothée, sur le même terrain… Mais cette histoire ne durera qu’un an, puisque Dorothée arrive dès 1987 pour présenter l’émission jeunesse la plus culte de tous les temps, le Club Dorothée. À cette période, si la maman de Jacky trouve que tout ce que fait son fils est bien, son père s’inquiète toujours et lui demande de manière régulière s’il ne souhaite pas reprendre ses boutiques. Ce qu’il a toujours refusé de faire. C’est de le voir tous les jours à la télé avec le Club Dorothée qui le rassurera. Évidemment, comme toute personne qui se respecte, Jacky n’a pas fait que travailler dans sa vie. Jacky a épousé sa femme Françoise avec qui il a eu deux filles, Marie (née en 1984) et Juliette (née en 1989).

Jacky Reverie d'un promeneur solitaire au pied du Mont Fujiyama
Jacky Le parleur des hauts parleurs
Jacky - Tout augmente sauf l'amour

Qui c’est les plus forts ? Qui c’est les plus beaux ? Qui c’est les plus intelligents ?

En 1987 commence alors l’ère du Club Dorothée. Dès les premières semaines, l’émission s’impose là où toutes les précédentes avaient échoué. Les téléspectateurs ont tout de suite suivi Dorothée et son équipe. Pour le meilleur et pour le rire. Durant ces 10 années de folie, Jacky n’arrêtera pas une seconde. Une journée de travail, c’est en moyenne 15 heures. Tournage du Club Do pour le matin, du Club Do pour l’après-midi, tournage de la journée entière du mercredi, de « Pas de Pitié pour les Croissants« , tournées de Dorothée, de la présentation du « Jacky Show« . Jacky est partout. Si au début de cette dernière émission, les artistes « Platine 45 » suivent, bien vite, ce seront les artistes AB qui seront les seuls invités, pour une meilleure promotion des artistes AB. Ce qui a pu peiner Jacky de ne plus avoir le côté rock qui le caractérisait. L’émission durera de 1987 à 1995. On peut observer les talents de comédien de l’animateur dans « Pas de Pitié pour les Croissants », sitcom pour laquelle il tournera 139 épisodes et qui donnera naissance aux personnages de « Marotte et Charlie » puis à la sitcom du même nom. C’est aussi la grande ère de ses plus beaux travestissements (comme le prouve la série de photos ci-après). Jacky poursuit en parallèle l’enregistrement de 45 tours avec notamment, le titre sobrement appelé : « Rêverie d’un promeneur solitaire au pied du Fuji-Yama », avec la pochette signée par les talentueux Pierre et Gilles.
Entre tarte à la crème et chasses d’eau, Jacky reste l’un des personnages du Club Dorothée les plus appréciés. C’est d’ailleurs souvent lui que les jeunes téléspectateurs choisissent pour le jeu de l’ABC… Son côté loufoque, son énergie et ses mimiques ont toujours plu aux enfants. Il s’en serait parfois bien passé ! Pour les besoins des différents tournages du Club Dorothée, Jacky s’envole aux quatre coins du monde… Et endosse alors le rôle de « Héros du Club Dorothée », avec ses deux comparses : Patrick et Corbier. Séquences durant lesquelles les garçons passaient pour de sombres crétins pour mettre en valeur les deux filles (Ariane et Dorothée), supérieurement intelligentes. Une image qui laisse des traces dans la mémoire des masses, comme l’a chanté (et écrit) le regretté Corbier. Le Club Dorothée s’arrête en 1997… Et le tourbillon aussi.

Jacky en femme dans le Club Dorothée
Les 3 héros du Club Dorothée - Corbier Jacky et Patrick

Jacky, l’après-Club Dorothée !

S’il est bien un membre du Club Dorothée qui n’a pas cessé de travailler à la télévision, c’est bien Jacky. Pas de répit pour lui… Si le tourbillon se calme, on peut le voir de 1998 à 2005 sur la chaîne juive TFJ, dans l’émission « Rabbi Jacky Show » et a une chronique mensuelle dans le magazine « Entrevue », qui s’arrêtera en 2007. C’est à cette période qu’il publiera son autobiographie : « Docteur Jacky et Master Rock ». Entre 2006 et 2007, les premiers relents de nostalgie pointent le bout de leur nez… Il est appelé par AB1 pour présenter « Les Années Club Do » et revient sur cette ère magique de l’enfance de millions de téléspectateurs. En 2007 toujours, il présente le « Jacky Chaud » pour le site plusfortquelatele.com mais également « Le Grand Sketch » sur feu NT1. En 2008, il débarque en tant qu’animateur star sur IDF1 avec des émissions comme « Choisissez vos animateurs », « Vous avez du talent » ou encore « JJDA ». Il est également le producteur de l’humoriste Armelle. Aujourd’hui, il continue de se produire dans différents événements surfant sur la nostalgie comme la Japan Expo, la Japan Touch ou autres Toulouse Game Show. Il présente également des tournées nostalgie avec des artistes des années 80 et 90. On a également pu le voir dans quelques épisodes des « Mystères de l’amour » entre 2021 et 2022.

Jacky sur IDF1
Jacky aujourd'hui
Le club Dorothée 2
Le club Dorothée

Nom : Jakubowicz

Prénom : Jacques

Surnom : Jacky

Date de naissance : 30 avril 1948

Emissions : « Les enfants du rock », « Chorus », « Récré A2 », « Platine 45 », « Vitamine », « Le Club Dorothée », Jacky Show », « Jacky Chaud », »JJDA »

Disques : « Tétéou », « Le parleur des hauts-parleurs », « Tout augmente sauf l’amour », « Mon avion et moi », « Rêverie d’un promeneur solitaire au pied du Mont Fujiyama ».

Regardez le clip de "Tout augmente sauf l'amour" sur la chaine Youtube, Génération Sitcom :

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