Un vent de chaleur brésilienne a soufflé sur la France en 1992, lorsque Laly a foulé le sol des studios AB pour la série Hélène et les garçons. Premiers émois amoureux pour certains (ce n’est pas Julien Doré qui dira le contraire), son personnage un peu loufoque a surtout réussi à remplacer deux piliers de la série (Etienne et Cathy). Une série qu’elle n’a jamais quitté et qu’elle a toujours porté dans son coeur, pour notre plus grand bonheur. Découvrez le parcours atypique d’une figure phare de nos années AB
Laly du fond de la classe
Laly naît en 1968 en France. Sa mère, réfugiée brésilienne, a été emprisonnée en 1964 au Brésil, car leader d’un mouvement politique local qui ne plaisait guère à la dictature de Castelo Branco. Cette dernière fuit son pays pour arriver en France, une simple valise à la main. Elle trouve un petit logement et rencontre alors Monsieur Meignan, urbaniste et cavalier. Laly devra attendre ses 12 ans pour rencontrer le Brésil. Laly a une petite sœur et un petit frère et grandit dans un environnement à la fois 70’s et brésilien. Chez les Meignan, on parle toutes les langues et beaucoup d’amis de nationalités différentes sont à la maison. Installée à Paris, la maman de Laly (qui s’appelle également Laly) poursuit ses études de médecine en France et crée le service de réanimation de l’hôpital Sainte-Anne. Une vraie guerrière qui a obtenu la Légion d’honneur et l’Ordre du Mérite, entre autres. Mais pour Laly, la science, ce n’est pas vraiment son truc. À l’adolescence, elle est plutôt attirée par la danse, la musique ou encore le cheval, ce qui a quelque peu eu le don d’inquiéter ses parents. D’ailleurs, à l’école, ce n’est pas la joie non plus et ce n’est pas ce qui rassure ses parents. Laly est plutôt au fond de la classe, et même l’école privée dans laquelle sa mère la met n’y fera rien. « L’avantage, c’est que je faisais l’unanimité chez les profs : nulle, paresseuse, rêveuse… » C’est en changeant encore d’école que Laly fait quelques progrès et parvient à décrocher son bac. Un peu paumée après cette étape décisive, elle s’inscrit à Sciences Po : « Bon… inutile de dire que le seul niveau que j’ai passé, c’est celui des inscriptions », déclare-t-elle dans le livre de Serge Gisquière, Hors séries. Elle alterne alors entre jeune fille au pair et babysitting, mais c’est en Normandie que sa vie va basculer…
Laly Meignan, des études et du mannequinat
C’est une personne de Normandie qu’elle croisait régulièrement avec ses parents qui lui lance un jour : « Vous devriez faire des photos ». Sans trop réfléchir, de retour à Paris, Laly entre dans une agence de mannequins, sous le nom de Rachel, en hommage au personnage du même nom dans le film Blade Runner. Évidemment, ce n’est pas du goût de sa mère, qui pense que Laly va se retrouver dans un trafic de filles. Officiellement, elle abandonne pour s’inscrire en prépa Lettres sup, mais officieusement, Laly continue de faire quelques photos… et finira par en faire clairement son métier quelque temps plus tard. « Je suis partie au Japon pour y bosser pendant six mois. Les gens rigolent, mais le métier de mannequin, c’est un vrai job. Il faut que tu bouges, que tu sois dispo, que tu sois en forme », dira-t-elle à Serge Gisquière. Une façon aussi de payer ses factures et d’arrondir ses fins de mois. Elle s’inscrit ensuite en droit, valide sa première année puis tombe amoureuse et rate l’année suivante. C’est alors qu’elle a une révélation : le droit, ce n’est pas pour elle. Ni une ni deux, Laly s’inscrit aux Beaux-Arts.
Laly dans le bureau de Dieu
Alors qu’elle est en cours de beaux-arts, une de ses copines lui demande si elle ne veut pas l’accompagner à un casting à la Plaine Saint-Denis. Laly se retrouve alors dans la salle d’attente, attend que sa copine passe et on lui demande si elle ne veut pas essayer de passer le casting. Pas trop emballée, elle accepte. Résultat : dix minutes plus tard, elle se retrouve dans le bureau de Jean-Luc Azoulay, qui trouve son prénom joli. Il lui demande deux choses : si elle est en bonne santé et s’il peut utiliser son prénom pour la série. Trois semaines plus tard, Laly se retrouve sur le plateau de tournage de Hélène et les garçons. Elle a alors 24 ans et ne réalise pas une seconde qu’elle vient de signer pour le rôle de sa vie. « Je ne connaissais pas, je n’avais pas la télé. On m’avait dit que c’était vachement bien, mais moi, tout ce que je voyais, c’est que je pourrais me payer des voyages. »
Laly débarque dans Hélène et les garçons
Laly arrive dans l’épisode 70 nommé « Une place à prendre ». À son arrivée dans la plus célèbre des sitcoms AB, Laly est étudiante en architecture. Très vite, elle est accueillie par Hélène et Johanna dans leur chambre de la cité universitaire. Elle prend la place de Cathy (Cathy Andrieu), repartie dans son Sud-Ouest natal depuis qu’Étienne (David Proux) a rompu. Les garçons ont également été séduits par le charme de Laly, et en particulier Sébastien, le bassiste du groupe. Le hic, c’est que Sébastien est déjà en couple avec Linda. Mais Sébastien lui refait croire en l’amour. Laly a, dans la série, perdu son fiancé, victime d’un accident de moto. Lynda n’empêchera pas l’amour entre Sébastien et Laly, qui finiront vite par se mettre ensemble. Inconsciente de sa popularité et de la force de la télévision, Laly continue de prendre le RER alors que la série cartonne… Évidemment, cela pose problème. La jolie brune se retrouve alors dans de drôles de situations et ne sait pas trop comment réagir, si ce n’est prendre ses jambes à son cou. Avec le recul, cela peut faire sourire, mais elle avoue avoir géré cette popularité maladroitement à l’époque. Ce n’est pas vraiment ce qu’elle recherchait dans la vie.
Un an plus tard, la jeune femme raconte l’ambiance sur le plateau dans les colonnes du magazine Télé Star : « Douze heures par jour à se côtoyer, ça aurait pu être le fiasco. Or nous nous adorons. Comme dans la série, Hélène est une super confidente ; dès que l’un de nous a un problème, tous les autres arrivent. Nous nous retrouvons souvent en dehors du tournage, pour des dîners ou des sorties au théâtre. » Elle avoue également que cette bande de potes a toujours été unie et soudée les uns avec les autres. Cette série, si elle ne l’a pas voulue, elle l’assume et la revendique. Il lui est parfois arrivé de tomber dans des dîners de comédiens et que des acteurs « de cinéma » se mettent les doigts dans la bouche en guise de dégoût lorsqu’ils voyaient les comédiens de Hélène et les garçons passer, ce qui lui a vite fait passer ses envies de cinéma…
Les suites et une fidélité à toute épreuve
Le succès a été instantané et dure depuis de très longues années. À la suite de Hélène et les garçons, Laly suit sa bande de potes dans Le miracle de l’amour, puis dans Les vacances de l’amour, qui aura une suite avec Les mystères de l’amour. Après tout, ce rôle lui colle tellement à la peau qu’elle a cessé de se projeter dans d’autres rôles. Et puis, être entourée de ses amis, c’est quand même sympa. D’ailleurs, jamais personne n’a pris la grosse tête, et c’est certainement l’une des raisons de ce succès inégalé à la télévision française : « Hélène, je ne l’ai jamais vue décoller. Elle aurait pu péter les plombs après tous ses Bercy ou ses Zéniths, mais non. Sur le plateau, c’était toujours : “On bosse tous ensemble, on est une équipe.” C’est à mon sens un des ingrédients majeurs de ce succès : la bienveillance sautait aux yeux. »
Laly incarne depuis plus de 30 ans ce personnage un peu fofolle, mais totalement libre et libérée. Un rôle de femme intéressant et un peu en avance sur son temps dans les années 90’s. Au total, elle aura joué dans 211 épisodes de Hélène et les garçons, 157 du Miracle de l’amour, les 101 des Vacances de l’amour et plus de 900 des Mystères de l’amour. On oublie aussi son rôle de Frances Guillerme dans les trois saisons d’une autre série de Jean-Luc Azoulay : La baie des Flamboyants
Laly se diversifie…
Au fil des ans, et en plus de la série, Laly a voulu varier les plaisirs. On a pu la voir en 1998 dans le clip « Un être idéal » de Véronique Sanson, faire des campagnes de publicité pour Wii Fit, devenir présentatrice en 2008 et 2009 pour IDF1 et être sur les planches de théâtre en 2009 pour jouer dans La Dame aux camélias (elle fait tout cela durant la pause de quelques années entre Les vacances de l’amour et Les mystères de l’amour). Touche-à-tout, elle crée en 2010 sa marque de lingerie, Lalylingerie. Elle enchaîne ensuite de nouveau avec Les mystères de l’amour et, sur la fin de la série, on la voit encore se diversifier. Elle apparaît notamment dans la saison 4 des Traîtres sur M6, où elle arrivera en quart de finale.
En 2025, Laly crée la surprise en enregistrant un disque. Elle, qui avait toujours refusé de chanter pour AB Productions, se fait plaisir et sort une reprise très réussie de « Derniers Baisers » de Laurent Voulzy, puis le single « Matador », avant un album prévu dans le courant de l’année 2026. On la retrouve également sur les planches avec Si j’avais un marteau, en compagnie de Laure Guibert et de Franck Delay. Cette vie riche et pas comme les autres n’a pas empêché Laly d’avoir deux beaux enfants, Milan et Liam, nés respectivement en 2000 et en 2006.
Nom : Meignan
Prénom : Eulaly
Nom d’artiste : Laly
Date de naissance : 5 janvier 1968 à Boulogne-Billancourt
Séries : « Hélène et les garçons », « Le miracle de l’amour », « Les vacances de l’amour », « Les mystères de l’amour », « La baie des flamboyants ».
Singles : Derniers Baisers (2025), Matador (2026).
