Venu au secours d’Hélène et les garçons suite au départ de « Cricri d’amour », Nicolas Bikialo a interprété le personnage le Christophe dans la série ainsi que dans sa suite, Le miracle de l’amour. S’il n’a pas réussi à faire oublier Sébastien Roch, il a su imposer son personnage et à intégrer la troupe durant plusieurs années. Nos années AB vous propose de revenir sur le parcours très intéressant de Nicolas, qui s’illustre aujourd’hui dans un autre domaine artistique.
Nicolas Bikialo, une enfance musicale
Nicolas Bikialo est né le 21 mai 1973 à Thiais, et pas dans n’importe quelle famille. La musique y tient une place primordiale. Son papa a été chef d’orchestre et clavier de Julien Clerc, de Michel Berger, de France Gall d’Yves Duteil et a accompagné Francis Cabrel sur presque l’ensemble de sa carrière dès 1980 (à partir de l’album Fragile). Nicolas Bikialo a grandi au son du piano. C’est donc assez naturellement que le jeune garçon s’intéresse à la musique. Il commence notamment l’apprentissage du piano, qu’il étudiera pendant huit ans. Sa maman, elle, travaillait dans l’immobilier. Nicolas a également une sœur, Alexandra. A la maison, la musique est une chose sacrée et pas question pour les enfants d’écouter les chansons de leur âge. Alors qu’il n’a que 7 ans, Nicolas rêve d’écouter La Bande à Basile. Son père, beaucoup moins enthousiaste, lui aurait alors répondu : « Pas de cette musique à la maison ! ». Si Nicolas ne rencontre pas vraiment de problème dans sa scolarité, l’interaction avec les autres enfants est plus compliquée. Dans une interview accordée à Star Club, il confiait : « J’ai eu une enfance très heureuse en ce qui concerne ma vie de famille. Par contre, j’ai eu beaucoup de mal à me faire des amis. Je n’ai jamais compris pourquoi et je me suis posé beaucoup de questions à ce sujet. Je pense que j’étais pourtant sympa. » C’est finalement au collège qu’il commence à se faire quelques copains, et cela n’ira qu’en s’améliorant. Alors ado, Nicolas jette son dévolu sur un autre instrument : la batterie. Une nouvelle passion qui va prendre une place considérable dans sa vie. Avec deux amis, il monte même un groupe de « trash speed », mélange de heavy metal et de funk : « C’est un groupe très violent que j’ai formé avec deux amis, un bassiste et un guitariste. J’espère jouer un jour devant un public, même dans des petites salles. Mais pas en tant que chanteur, je suis batteur avant tout. » Mais le destin va l’emmener ailleurs que dans les salles de concert…
De la fac d'histoire au « Miel et les abeilles ».
C’est d’abord sur les bancs de la fac que Nicolas entamera sa vie post lycée. Il commence des études d’Histoire, mais ce qu’il apprend ne le passionne guère. Nicolas abandonne quelques mois après avoir commencé et envisage une expérience américaine, son pays préféré à cause de sa musique et de son cinéma. Mais avant son départ, une amie de sa mère lui suggère de tenter les (nombreux) castings qu’AB Productions fait passer à l’époque. Il racontera à Star Club : « Je n’avais jamais pensé être acteur, je voulais simplement faire de la figuration pour gagner un peu d’argent de poche. » Et il a bien fait… Si ce n’était pas l’ambition artistique qui le guidait vers les plateaux d’AB Productions, c’est bien là qu’il décrochera son premier rôle. Il décroche un rôle dans la série « Le miel et les abeilles », dans lequel il interprète « Gueule d’amour », « chanteur des Tenessee Vampers » d’après Johnny (Cyril Aubin) dans l’épisode 54 de la sitcom. Un rôle de rocker rebelle avec des textes prometteurs (comme le titre « Tuyau d’échappement »), séduisant à tour de rôle Joëlle (Marie Roversi) et Lola (Mallaury Nataf) poussant cette dernière à être un peu moins bourgeois, si bien que Lola deviendra totalement rock. Il avouera en septembre 1993 dans « Dorothée magazine » s’être « trouvé mauvais » mais avoir « adoré tourner ». Qu’à cela ne tienne…Ce n’était que le début d’une longue série de tournages.
Nicolas Bikialo devient Christophe dans Hélène et les garçons
Apparemment, « Gueule d’amour » a plu au public, aux casteurs et à Jean-Luc Azoulay. « Au bout d’un mois, on m’a rappelé pour me proposer de jouer Christophe. » déclare le jeune homme dans le même Dorothée Magazine de septembre 1993. Le premier tournage de Nicolas pour « Hélène et les garçons » a lieu le 20 avril 1993. Au début, il n’est pas sensé rester dans la sitcom et sert juste de bouche trou pour remplacer Sébastien Roch, souhaitant alors brouter d’autres prés que les champs d’AB Productions. Dans le magazine 7extra, il raconte : « Au départ je devais remplacer Cricri d’amour le temps de 4 ou 5 épisodes, le temps qu’il revienne. A son retour, le producteur m’a proposé de rester. Comme dans la réalité, je joue de la batterie et du clavier. Je suis devenu le deuxième clavier de José à cet instrument ». Dans la série, et dans sa suite, « Le miracle de l’amour », on lui connait plusieurs histoires d’amour : Nathalie (Karine Lollichon), Thérèse (Mathilde Rosset) et Adeline/Manuela (Manuela Lopez). Si son couple avec Manuela est le plus marquant de la série, c’est celui avec Nathalie, dans « Le miracle de l’amour », qui donnera de l’intensité à son personnage jusqu’à en venir aux mains avec José pour défendre sa belle. Heureux de son intégration dans la série comme il l’explique dans le magazine 7extra : « Tourner dans Hélène ça m’a donné un certain équilibre et un très bon job qui me permet de continuer à faire à fond ma musique ». En parallèle à la sitcom, Nicolas fait partie d’un groupe de trash speed, mélange de heavy métal et de funk.: « C’est un groupe très violent que j’ai formé avec deux amis, un bassiste et un guitariste. J’espère jouer un jour devant un public, même dans des petites salles. Mais pas en tant que chanteur, je suis batteur avant tout. » Et effectivement, Nicolas finira par se lasser d’Hélène et les garçons… et prendra la décision de quitter la série pour vivre de sa passion. Dans la série, c’est sa rupture avec Nathalie qui le pousse à quitter la bande de copains. Au total, Nicolas aura joué dans 89 épisodes d’Hélène et les garçons (dans presque tous les épisodes, à partir du 145 au 280) et dans 78 épisodes (du 1 au 83) du Miracle de l’amour.
Bye Bye AB !
En novembre 1994, la presse annonce que Nicolas a été renvoyé pendant plusieurs semaines après avoir déclaré dans une interview qu’il n’enregistrerait « jamais de disque chez AB Productions ». C’est le début de la fin pour Christophe et AB. Quelques années plus tard, dans le magazine Super de janvier 1996, il racontera les coulisses de son éviction : « Beaucoup plus de mauvais que de bons souvenirs. Le problème avec AB, c’est que tout le monde a tellement peur de quitter ce boulot que ça en devient flippant. Il ne se passait plus rien ! Avant, on essayait au moins de s’amuser en jouant et puis ça a fini par ne plus nous amuser du tout, une catastrophe ! » Il explique également que, selon lui, le confort apporté par les séries AB pouvait finir par freiner les ambitions artistiques. « AB, c’est une bonne école pour apprendre plein de choses, mais au bout d’un certain temps, ça t’endort complètement les neurones, le fait de gagner de l’argent comme ça. On devient vieux. Même artistiquement, on perd toute ambition. C’est pour ça que je suis parti ». Mais s’il est parti, Nicolas a tout de même profité à fond de son expérience et s’est intéressé à tous les métiers. C’est ainsi qu’il s’est rapproché d’un caméraman sur « Le miracle de l’amour », qui lui a expliqué les différentes facettes du métier. Cette rencontre a aussi fait naître de nouvelles envies : « J’ai alors commencé à imaginer deux, trois scénarios dans ma tête », avouera-t-il au magazine 7extra.
Le retrait… Mais pas vraiment.
Si son expérience de comédien s’est arrêté avec les séries AB, Nicolas Bikialo n’a cependant pas chômé et a multiplié les projets. Le métier de réalisateur l’inspire. Nicolas fait la rencontre en 1995 du réalisateur Olivier Mégaton, qui encouragera le jeune homme à se lancer vers la réalisation et l’écriture, tout en continuant sa carrière musicale. Il participe notamment à Exit (avec Hélène Rollès d’ailleurs), le premier long métrage d’Olivier – on se demande d’ailleurs si le jeune caméraman croisé sur le plateau d’AB et cet Olivier ne sont pas qu’une seule et même personne…-, produit par Luc Besson, et commence parallèlement à composer pour le cinéma, la télévision, les documentaires et la publicité. En 1996, il apparaît également dans le film Héroïnes de Gérard Krawczyk, où il interprète un musicien. Son parcours va ensuite prendre une tournure beaucoup plus musicale. Nicolas devient compositeur et signe notamment des musiques pour Stop en 1998, Ceci est mon corps en 2001 et La Sirène rouge en 2002. Il joue de la batterie sur l’album « Sol en cirque » en 2003. Il travaille également sur la série Police District ainsi que sur différents programmes et documentaires. On peut aussi l’apercevoir en 2004 dans le clip Un peu de nous deux de Steeve Estatof. Nicolas Bikialo ne se contente pas de composer. Il passe également derrière la caméra. En 2006, il réalise le court-métrage Rendez-vous au tas de sable…, avec notamment Malik Zidi. Il poursuit ensuite son activité de réalisateur à travers différents projets et clips musicaux. Nicolas Bikialo travaille par ailleurs pendant un temps comme vendeur à la boutique MK2-Images du cinéma MK2 François Mitterrand.
Nicolas Bikialo ou Niko Bikialo, aujourd'hui
Sous le nom de Niko Bikialo, il poursuit son activité de compositeur et travaille sur plusieurs projets pour le cinéma, la télévision et le documentaire. Son parcours prend une nouvelle dimension lorsqu’il s’installe aux États-Unis en 2009. Il travaille notamment dans le milieu du cinéma indépendant new-yorkais et s’associe au réalisateur et directeur de la photographie Gregory de Maria pour créer Broken Pictures, une société de production indépendante spécialisée dans le récit émotionnel et le cinéma existentiel. Cette société se consacre aux projets de cinéma, aux clips, aux documentaires et à la publicité.
En 2010, il réalise notamment le clip de 11 minutes, Got Monsters pour Keith Mina Caputo, puis en 2011 Hand Shadows pour l’artiste The Rodeo. En 2012, il compose la musique de Rue Robert Doisneau pour Arte et travaille avec son père Gérard sur la musique de l’émission Les Carnets de Julie. Il compose la musique de l’exposition Masques, imaginée comme une véritable expérience sensorielle. Pour ce projet, Nicolas souhaite rendre hommage à Grillon en s’inspirant de ses différentes passions : le cinéma, l’Asie, l’opéra, le théâtre et ses pièces. Il participe également à la réalisation du clip Kashmir de la violoncelliste Maya Beiser, toujours dans le cadre de Broken Pictures et d’un tournage à New York.
Ces dernières années, les informations concernant Nicolas Bikialo se font très rares. On retrouve cependant sa trace en 2026 avec une participation à la composition de la chanson « Face cachée » d’une jeune artiste de 17 ans, Rosalie.
Une chose est certaine : loin de poursuivre une carrière classique de comédien, Nicolas Bikialo aura finalement transformé son expérience des plateaux d’AB en une porte d’entrée vers les métiers de l’image et du son. Celui qui était arrivé dans Hélène et les garçons presque par hasard, simplement pour faire quelques heures de figuration, a finalement trouvé sa voie derrière la caméra et dans la musique.
Nom : Bikialo
Prénom : Nicolas
Date de naissance : 21 mai 1973 à Thiais
Sictoms : « Hélène et les garçons » et « Le miracle de l’amour».
