Elle, c’est Marie Chevalier. Vous l’avez découverte dans Les filles d’à côté à partir de 1994. Série dans laquelle elle incarnait le rôle de la croqueuse d’hommes, Sabine. Mais saviez-vous que la jolie blonde n’en était pas à son coup d’essai et qu’elle avait déjà une longue carrière avant ? Que devient Marie aujourd’hui ? Nos années AB a mené l’enquête et vous dit tout !
Marie Chevalier… De Belfort à Strasbourg
Marie naît à Belfort en 1965 entourée de ses quatre frères et sœurs. Dès son enfance, Marie est passionnée par la comédie et veut plus que tout en faire son métier, malgré les railleries de ses profs et de ses camarades. Elle confiera à Télé Club Plus : « Je me souviens de mon année de sixième. Au début de l’année scolaire, sur la fiche que le professeur principal nous avait demandé de remplir, j’avais marqué que je voulais jouer la comédie. Il s’était moqué de moi. Tout le monde avait rigolé d’ailleurs ». Si les moqueries la désolent et éloignent un peu cette idée, elle ne la perd cependant pas de vue. Mais comme il faut faire un métier sérieux, Marie s’oriente vers des études de pharmacie. Elle quitte Belfort pour Strasbourg et entre en faculté. C’est à ce moment qu’elle va jouer de son audace et se présenter à un tournage de cinéma qui a lieu dans sa nouvelle ville. Elle demande alors si elle peut jouer les figurantes dans le film. Et ça fonctionne : « Ça a été ma première expérience, mais je suis incapable de me souvenir de quel film il s’agissait ».
Les cours Florent contrariés
C’est décidé, cette expérience la renforce dans l’idée que sa vie, elle la voit plus sur les plateaux de tournage que derrière un comptoir de pharmacie. Marie plaque ses études à Strasbourg et débarque sur Paris pour entrer au Cours Florent. Elle passe alors trois années à apprendre son métier avec Francis Huster comme professeur ainsi que Pierre Cosso et Philippine Leroy-Beaulieu comme camarades de classe : « J’étais persuadée qu’après cette formation, j’allais trouver plusieurs contrats. Hélas ! Je me suis présentée à des tas de castings mais sans résultats concluants. D’autres auraient pu se décourager, mais pas moi. De toute façon, c’était simple : je ne savais pas faire autre chose ! J’ai bien essayé d’être vendeuse, j’ai tenu huit jours et six jours comme hôtesse dans un restaurant… ». Elle décroche son premier rôle en 1983 dans l’épisode « La croix de Berny » de la série « Les Amours romantiques », puis en 1985 dans un film de Martin Veyron, « L’amour propre ne le reste jamais très longtemps » où elle campe le rôle de Julia (elle est créditée avec le prénom Marie-Luc). Et de rencontre en rencontre, de soirée en soirée, Marie commence à côtoyer des gens influents, c’est ainsi qu’elle décroche une deuxième opportunité… De chanteuse ! Le producteur Marc Voegel lui propose alors d’enregistrer un disque.
Marie Chevalier s’essaie à la chanson
Nous sommes en 1987 et la carrière de Marie prend un nouveau tournant. Si elle n’avait jamais pensé à faire carrière dans la chanson, le destin va lui jouer quelques tours : « Adolescente, je chantais souvent devant ma glace ou devant mes copains » se souvient l’apprentie chanteuse. L’idée l’emballe. Marc Voegel lui propose alors de choisir parmi trois titres. Elle opte pour « L’homme qui dit No » et prendra le pseudonyme de Marie. Un titre plein de second degré dans lequel Marie prend un accent américain pour parodier les leaders politiques. Marie se produira même à deux reprises chez notre Jacky national dans l’émission « Le Jacky Show » : « Je dois dire que ça a bien marché. Alors j’ai enchaîné avec deux autres titres. » confiait-elle à Télé Club Plus. Devant ce succès d’estime, elle change de maison de disques (elle passe d’Ariola à Carrere) et enregistre une adaptation de « Put The Blame on Mame », interprété à l’origine par Rita Hayworth dans le film « Gilda » en 1946, qui devient alors « C’est la faute à papa ». Evidemment, plus grand chose à voir avec la version originale. Quant au texte, ça ne passerait plus trop aujourd’hui. La chanson met surtout en scène les fantasmes d’un adulte sur une préadolescente : « Un jour de Noël, à treize ans et demi / Maman était partie / J’étais là sur ses genoux / Et j’ai eu chaud d’un coup / C’était pas les flammes de la cheminée / Qui m’avaient allumée / Si je suis comme ça moi / C’est la faute à papa ». Si ce texte est limite, limite, il aurait pu être bien pire : « C’est un peu sulfureux effectivement. On avait une première version avec des paroles qui étaient un peu trop poussées alors on a dit la même chose mais d’une autre manière ». Nous sommes en 1988 et même à cette époque, la chanson choque et dérange. Résultat : aucune promotion pour ce titre et un terme est mis à la carrière de chanteuse de l’artiste.
Marie Chevalier s’essaie à la télé et au théâtre
Au début des années 90, Marie fait la connaissance d’Yves Mourousi qui lui propose de présenter une tournée d’été RMC avec lui : « Pendant les mois d’été, j’animais des soirées en duplex avec la radio dans les boîtes de nuit. J’ai tourné dans 46 villes. De quoi apprendre à se tenir sur scène ». En 1991, elle retrouve enfin les studios de tournage et ce sera… pour AB Productions, avec Cas de Divorce. On la voit dans l’épisode 129, « Pasquier contre Pasquier », dans le rôle d’Ariane Pasquier. En 1993, Marie se retrouve sur TF1 pour présenter l’une des dernières émissions clairement portées sur l’érotisme, « Sexy Dingo », qu’elle coanime avec deux marionnettes, « Hébert et Bobby », et Stéphane Collaro. Au bout d’une saison, l’aventure s’achève pour « Sexy Dingo » et pour Marie aussi. Mais Marie ne s’avoue jamais vaincue… et sait toujours rebondir.
Galvanisée par la scène, Marie fait la rencontre du comédien Jean Lefebvre avec qui elle joue dans la pièce « Oui Patron » en 1994 au Théâtre des Nouveautés à Paris. Face au succès, Marie dira à Télé Club Plus : « Toute la troupe est partie en tournée pendant six mois et c’est à ce moment que les choses se sont accélérées. Pendant la tournée, mon agent m’a annoncé qu’on m’attendait à mon retour pour un casting. »
Ses prestations au Jacky Show n’ont pas laissé indifférent Jean-Luc Azoulay qui demande alors à ce qu’on recontacte la jeune chanteuse de « Celui qui dit No ». C’est à ce moment que la comédienne décroche le rôle de Sabine : « Je suis venue passer une semaine chez les filles ». Une petite semaine qui permet à Marie de montrer ses talents de comédienne… Mais une semaine seulement. « Je suis ensuite partie sur M6 présenter « Les Matins de Marie », une émission musicale pendant l’été ».
Marie Chevalier devient Sabine dans « Les filles d’à côté »
À la rentrée 1994, les choses s’accélèrent pour Marie et AB Productions la recontacte pour reprendre le rôle qu’elle avait tenu une semaine dans « Les filles d’à côté », celui de Sabine. Suite aux départs successifs d’Hélène Le Moignic et de Cécile Auclert (à cause de leur brouille), le casting pour trouver de nouvelles filles dans « Les filles d’à côté » est lancé. Marie Chevalier impose le personnage fort de Sabine. « Au départ, je ne devais pas rester dans la série. Je m’y trouvais uniquement pour remplacer Cécile Auclert, qui abandonnait son rôle de Fanny pour une semaine. Disons que je devais combler le vide dans l’appartement. Cécile a souhaité partir définitivement et on m’a demandé de revenir. » déclare-t-elle dans la presse à cette époque. Une véritable aubaine pour l’actrice. Elle joue donc le rôle de Sabine, une jeune femme sulfureuse qui adore séduire mais qui, contrairement aux autres, ne succombe pas au charme de Daniel (Bradley Cole). Au début, Marie doit jongler entre la pièce de théâtre avec Jean Lefebvre le soir et les tournages des Filles d’à côté la journée. Marie jouera au total dans 42 épisodes des Filles d’à côté et sera au casting principal de sa suite, « Les Nouvelles Filles d’à côté ». Entre 1994 et 1996, elle interprète donc Sabine.
L’après « Les filles d’à côté »
Si l’empire AB commence à tanguer, Marie Chevalier poursuit chez eux. Elle campera le personnage de Marie, une avocate, dans 28 épisodes de la série « L’un contre l’autre », mais la série n’est pas un grand succès. En 1996, elle a un petit rôle dans « Portraits chinois » de Martine Dugowson. En 1998, direction Saint-Martin pour le tournage d’un épisode des « Vacances de l’amour » (épisode La rançon de la gloire). En 2002, on la voit au cinéma dans un film de Klapisch, « Ni pour ni contre (bien au contraire) ». Ensuite, elle joue dans des épisodes de séries TV comme « Les Cordier, juge et flic », « Blague à part », « L’Instit » (épisode « Privé d’école »), « Quai n° 1 » ou encore R.I.S. En 2012, elle revient chez AB le temps de quelques épisodes des « Mystères de l’amour ». D’abord dans le rôle de Claude (épisodes 19 à 21), puis dans celui de Sabine. En même temps, Marie poursuit sa carrière au théâtre.
Marie Chevalier aujourd’hui
Depuis l’arrêt des Filles d’à côté, Marie a donc continué la comédie mais ce n’est pas tout. Elle confiera à programmetv.net : « Je me suis consacrée à l’éducation de mes deux enfants adorés qui sont désormais partis de la maison. J’ai une fille qui a 24 ans. Elle a monté sa propre boîte de production à New York et un fils, qui a 20 ans. Il fait ses études de sciences politiques à l’Université McGill à Montréal. La passion de ma fille pour la production vient peut-être de sa mère ou de son parrain, Jean-Luc Azoulay. On lui a donné le virus sans s’en rendre compte. » Depuis la fin des Filles d’à côté, Marie est restée très proche d’Isabelle Morizet, aka Karen Cheryl. Elle se souvient aussi avoir tout le temps couru durant cette période et ne pas avoir de nostalgie de cette époque : « J’ai beaucoup de plaisir à me replonger dans cette époque. On me reconnaît parfois dans la rue et c’est très flatteur car cela veut dire que je n’ai pas trop changé… » D’ailleurs, on a pu revoir Marie ainsi que Cécile Auclert et Patricia Elig dans un épisode des Mystères de l’amour en décembre 2023 pour un prime spécial Noël. Pour l’occasion, Marie est interviewée par de nombreux magazines TV et elle dira dans l’un d’eux s’être tournée vers l’écriture d’unitaires pour le cinéma ou de séries. Elle se souviendra aussi de sa période « Les filles d’à côté : « J’ai retrouvé Patricia Elig, qui est une amie. Je l’avais perdue un peu de vue. On a travaillé longtemps ensemble. Isabelle Morizet n’a pas pu venir malheureusement. Je suis encore très proche d’elle. J’étais longtemps amie avec Adeline mais elle a déménagé dans le sud de la France. A l’époque, je courais dans tous les sens. J’en garde de très bons souvenirs. Je n’ai pas de nostalgie car je ne vis pas dans le passé. J’ai beaucoup de plaisir à me replonger dans cette époque. On me reconnaît parfois dans la rue et c’est très flatteur car cela veut dire que je n’ai pas trop changé [Elle rit.] ».
Nom : Chevalier
Prénom : Marie-Luc
Pseudo : Marie
Date de naissance : 3 septembre 1965 à Belfort
Séries : « Cas de divorce », « Les filles d’à côté », « Les nouvelles filles d’à côté », « L’un contre l’autre », « Les mystères de l’amour».
